On me surnomme Claston. Claston, car personne n'est une poutre comme Claston et puis, tout compte fait, je suis une
Lumière avec une grosse sagesse, nan ? Ce n'est pas de mon fait, c'est un dvd qui me l'a dit et je l'ai écouté même si j'en ai très peur. Surtout de ceux qui ont un trou au centre, ceux qui
semblent si étranges aux yeux d'Exmakhina. Bref, passons. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours arboré une baïne qui a fait ma célébrité. Foisonnante l'été, timide et rase l'hiver. Elle
ondule fièrement au sommet de mon crâne et ne se laisse facilement dompter, je ne compte plus le nombre de peignes qui s'y sont cassé les dents; même les cailloux rebondissent dessus (oui,
certains ont essayé -_-'). Armé de ce fier étendard, j'ai traversé les débuts de mon existence avec peine et souffrance, sous le joug tyrannique d'une fratrie malveillante ; obligé de réussir
avec un tel fardeau, je suis passé par de tristes sentiers. J'ai été Murrakech le Niais, un ado prépubère vivant de batailles d'eau, de lait, de pamplemousse et faisant fuir les enfants du parc à
jeux du Macdo du coin. La déchéance fut prompte à s'abattre sur ma route ; cette ombre fatale s'est glissée dans mon coeur innocent et m'a poussé à explorer la sombre part de mon être. C'est
ainsi que je devint Pupute dite la Mouillée après un "C'est toi la pute" malheureux au bord de la Tamise. Je me suis mis à faire le trottoir. J'ai bâti un empire, empilant les briques et
étalant le ciment de ma fameuse truelle. Mes compagnes de voyage Sykaria et Exmakhina, gentes dames à la chevelure de feu, m'ont apporté l'allégresse. La débauche ne faisait que commencer mais
j'assumai enfin ma maltordesse et parcourus le monde, fier comme une canneberge.
De mal en pis, je découvrais les petits plaisir de la vie. Ainsi, le Kalimotxo allait me dévoiler un grand secret. Ce n'était pas un
monstre sacré, ni un signe et encore moins un canard...C'était un coktail, bien entendu, fifrelins que vous êtes. Donc, c'est au hasard d'une soirée fort sympathique que j'en ai abusé et que ma
conscience s'ouvrit aux contrées bodichoesques. Tout cela à cause d'une part de gâteau au chocolat mal comprise. Ainsi incarnai-je Bodichoa, la plus blogueuse de mes identités, le premier fan de
Peach, celui qui grimace comme personne et qui pose devant le plus insignifiant des objectifs. J'ai affronté les hordes mathématiques qui n'avaient de cesse de me faire mordre la poussière,
logarithmes et complexes eurent presque raison de mon pauvre intellect atrophié. Heureusement, mon horizon s'est illuminé et la biologie redora le blason de mon tortueux parcours scolaire qui
aujourd'hui encore demeure incertain (mais chut, n'attirons pas le mauvais oeil sur ma destinée).
Enrichi de tout cela, je devins rapidement seigneur en mon château (ok, ok co-seigneur. Me pardonnerez-vous chère cousine ?) lorsque
je quittai le domicile familial. J'appris les choses nocturnes de la métropole et les virées shopping en compagnie de mes précieuses amies. Une collection de pailles psychédéliques ainsi qu'une
bibliothèque incongrue (où trône l'incontestablement indispensable Dictionnaire des Fantasmes et Perversions, pièce maîtresse sur mes étagères poussiéreuses), une culotte mauve de taille
46/48 et quelques souvenirs font ma fortune.
Ne vous effrayez pas cette aura fantasque qui m'habite, il suffit de me faire mousser. Je puis me montrer un peu acide et
piquant parfois mais je suis très doux, comme Lotus. Et ne dit-on pas que tout le monde a besoin d'une pause Lotus ?
made in Claston.
Par Un esprit mal tordu.
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